On m’a fait remarquer, il y a quelques temps, que le commerçant moyen (dont je fais partie) répond invariablement à la question « comment vont les affaires? » par un laconique « c’est calme, en ce moment ». On voit toujours au début de l’été des hôteliers de bord de mer annoncer qu’ils sont déja 12% en dessous de leur chiffre de l’année précédente, la faute à la météo, aux américains qui ne voyagent plus depuis que le dollar chute, aux allemands qui commencent à en avoir marre de se faire escroquer sur la côte d’azur tous les étés (et qui de toutes façons n’achètent rien puisqu’ils partent en vacances avec leur salami), on finit quand même sur une note d’espoir avec les russes qui flambent toujours à St Trop’.

C’est curieux ce réflexe de défense. Aux States (comme on dit pour faire smart), il vaut mieux donner une image de succès pour attirer le succès. « In order to be successfull, one must project a successfull image of himself at all times » nous apprend le roi de l’immobilier dans American Beauty (je cite de tête, les puristes corrigeront d’eux-même, mais le sens est préservé). On a cette impression qu’en France le succès est condamnable, attise les jalousies et qu’il vaut mieux inspirer la pitié. Le succès est suspect.

Au risque de devoir déclencher les suspicions alors, je suis plutôt fier de parler des succès de l’Assassin. Depuis début Décembre, l’Assassin a relancé sa politique d’évènements. Concerts, Polars dans les bars, brunch polars, soirées Shot’em Up (shots à 1€ le lundi soir). Olivier nous prépare une belle identité graphique, toujours plus orientée vers l’univers du polar (venez voir sur place) site internet, menus, affiches et bientôt newsletter, tous nos supports subissent une remise à niveau trop longtemps repoussée.

Depuis peu, vous pouvez suivre nos plats du jour en direct sur Twitter, un widget reprend aussi cette info (pour les allergiques aux petits oiseaux bleus) sur le site de l’Assassin. Depuis déja deux ans, vous pouvez aussi rejoindre les fans de l’Assassin sur Facebook.

Il y a aussi quelques facteurs extérieurs. L’Assassin se construit peu à peu sa petite réputation. Nous bénéficions d’un bon bouche à oreille, de bonnes critiques d’utilisateurs sur internet (Qype, TripAdvisor, cityvox, l’internaute, restos à paris,….) sur les réseaux sociaux mobiles (dismoioù, aroundme,….), et d’une bonne couverture presse (Télérama Sortir, France Inter*,…. y’a-t-il des bobos dans la salle de l’Assassin? au moins le patron!). Nous sommes aussi cités dans un nombre croissant de guides (restos pas chers à Paris, Bistrots les moins chers de Paris, Le Routard « Cafés et Restaurants, le Routard Paris 2010,…).

Mais tout ça ne suffit pas toujours, à l’Assassin on travaille sur le produit, l’arrivée d’un nouveau cuisinier au début du mois devrait nous permettre de rapidement renouveler la carte (qui en avait besoin) avec, on l’espère, le succès que nos changements ont déja eu sur la formule du midi.

Dans notre politique de produits maison, l’Assassin expérimente de plus en plus de recettes de rhums et vodkas arrangés. Luc et Lucien rivalisent d’imagination pour le plaisir de nos papilles (et de nos porte-monnaies le lundi soir puisque les rhums arrangés sont proposés dans notre offre à 1€ le shot).

Tout ça pour dire qu’en ce moment, c’est vraiment pas calme. J’aime m’en plaindre, puisqu’il faut toujours tenter d’inspirer la pitié, mais la vérité c’est que je suis bien content d’être fatigué pour ces raisons-là!

*L’émission « l’humeur vagabonde » du 15 Février dernier. Vous pouvez la retrouver en archive sur le site de FranceInter (j’arrive à la fin, mais ça vaut vraiment le coup, je suis impressionnant en critique littéraire et je parviens même à hésiter sur mon propre nom)

Ce billet est publié en duplex, il apparaît aussi sur le blog de l’Assassin.