Bruno bosse dans le web. Le matin, quand il se lève, son premier geste va à sa machine à café. Dans le même temps, il fait glisser un doigt agile sur l’écran tactile de son téléphone et affiche les mails qu’il a reçu ces dernières heures. Huit spams, deux messages Facebook et trois mails sans importance.

Il se rabat sur Twitter pour accompagner son petit déjeuner, impatient d’être un des premiers à relayer les nouvelles du jour. Malheureusement pour lui, rien de vraiment nouveau à poster ce matin : cela fait déjà cinq jours qu’on parle de ce fichu volcan… Cinq jours – à l’échelle du web – c’est une éternité !

Bruno rit de la blague matinale d’une des personnes auxquelles il est abonné. Sa femme jette sur lui un œil interrogateur, qu’il ne capte pas, tout absorbé qu’il est par l’agitation de cette vie numérique.

Devant l’instantanéité de l’information et l’infini des possibles offerts par la technique, Bruno a de plus en plus de mal à faire coïncider sa vie numérique avec les contingences du quotidien.

Sa femme, ses enfants, le PQ qu’il faut acheter et le mur qu’il prévoyait de repeindre. Comment avoir envie d’être ici, maintenant, quand on a les moyens d’être partout ? Bruno sait bien qu’il se laisse trop griser par ce sentiment d’ubiquité, cette sur-consommation d’information brute, mais c’est plus fort que lui…

Il faut dire qu’il tient à rester dans la course, Bruno : laptop sous le bras, iPhone au doigt, boosté à l’objectif, dopé aux résultats, il fait partie de ceux qui construisent le monde de demain. Bruno a le sentiment que ne pas aller le plus vite possible d’un point à un autre serait un échec cuisant.

Bruno a le culte de la performance, il pourrait être banquier, trader ou mercenaire, ce serait pareil. Bruno avance dans une individualité souveraine. Il a bien le sentiment confus que c’est exactement la même que celle de milliers, de millions de personnes qui l’entourent, mais il préfère ne pas prêter attention à tout cela.

Bruno a ses propres objectifs, il les atteindra, vite et bien. D’ailleurs, il est tellement pressé, ce matin, qu’il n’entend même pas son fils qui récite – en hésitant un peu – la poésie du jour…

Plus fort que Cindy Sanders, un clip moins cher que celui de Laurent de Secret Story 2. Loana nous inflige une reprise de La Madrague massacrée. Une version instrumentale spéciale ascenseurs avec boite à rythme. Loana chante faux tout le temps, ne tient pas le rythme, le clip est immonde, tout y est! Question sensualité, le look tout refait façon PornStar de Loana est franchement moins excitant que l’ingénue B.B..

La fin du monde est pour le 21 Décembre 2012, c’est les mayas la Bible Nostradamus Hollywood qui l’a dit!

La fin du monde, mais peut-être pas pour tout le monde, dans 2012 (le film), on apprend que seuls quelques ultra riches et les africains (on se rachète une conscience comme on peut) survivront au cataclysme final. Des arches de Noé géantes à 1 Milliard de Dollars la place sauvent l’humanité (drôle d’échantillon d’humanité, d’ailleurs). C’est con, un simple billet d’avion vers le Cameroun aurait coûté environ un million de fois moins cher! Heureusement, l’heure est au compromis en ces temps de crise financière. Grâce à Vivos, les survivants du cataclysme seront bien étatsuniens.

Cette société propose de construire sur tout le territoire des petits bunkers de 200 places résistant à tout pour survivre pendant un an sous terre pendant qu’à la surface, le reste de l’humanité meurt au choix: atomisé, noyé, brulé, météoritisé, contaminé, enlevé par des extra-terrestres, convoqué par les trompettes de l’Apocalypse à rejoindre le combat final du bien contre le mal.

Vivos nous propose une jolie petite video qui donne vraiment envie. Un petit bunker/maison de retraite avec des plantes vertes et des gros fauteuils partout. Des lits d’hôpital, un cabinet dentaire, des gros coffres forts pour ranger tous vos bijoux (pourtant le voleur n’irait pas loin), des douches décontaminantes, des groupes électrogènes, des cuisines, des dortoirs à lits superposés. Le tout pour 200 personnes au prix modique de 50′000$ par tête. Trois fois rien. Et en plus y’en aura partout, juste le temps d’attraper son baise-en-ville et on saute dans l’avion direction son petit bunker pour un an de vacances loin des soucis de la vie en surface (comme mourir dans d’atroces souffrances). C’est moins con que d’avoir à traverser la planète pour rejoindre son arche dans une vallée inatteignable de l’Himalaya.

J’hésite quand même un peu.

PS à l’instant où je vous parle, il reste 981 jours, 11 heures, 40 minutes et 14 secondes avant la fin du monde. C’est gentil, ce petit compte à rebours en rouge sur fond noir, sur le site de Vivos

J’ai des relations compliquées avec les religions et avec les croyances en général. J’ai eu Dimanche dernier une improbable conversation à ce sujet avec Joanna et deux touristes nord-américaines auxquelles elle faisait visiter Paris. Joanna a trouvé la foi mais ne se reconnait dans aucune religion. Je n’ai sans doute jamais eu la foi, mais j’ai grandi dans une religion que j’ai peu à peu appris à haïr de toutes mes forces. C’est pas tous les jours facile d’évoluer dans une famille plongée dans un obscurantisme quasi moyenâgeux. Les récents déboires de l’église Catholique me ravissent. Plus on se pose comme l’autorité morale absolue, plus dure est la chute quand le masque tombe. Ratzinger a protégé des pédophiles, comme d’autres à sa place  avaient protégé des nazis*. L’Eglise à un lourd passé!

Ce matin, je découvre que l’Eglise, dans sa grande mansuétude, et au lieu de s’occuper de problèmes vraiment important, avait officiellement pardonné aux Beatles. Signe de changement? Curieuse synchronisation avec les éditions 40ème anniversaire de l’album blanc à venir? Mais que pardonne-t-on, et à qui?

Les Beatles, c’est 4 individus, chacun responsable de ses actes et de ses paroles. John Lennon avait dit « les Beatles sont plus populaires que Jesus ». A ce jour, je ne comprends pas encore ce qu’il y a de blasphématoire dans cette phrase bien innocente. Lennon n’avait sans doute pas tout à fait raison quand, au milieu des années 60, il a commis ce crime de lèse-majesté, mais c’était bien prémonitoire. Depuis cette époque, les jeunes n’ont cessé de se détourner d’une religion morte, incapable de s’adapter aux modes de vie modernes, incapable d’enthousiasmer ses jeunes (qui préfèrent un bon concert de rock à une messe chiante à mourir où tout le monde chante faux, le dimanche matin, alors qu’on a fait la bringue toute la nuit). Il est d’ailleurs intéressant de reprendre la citation entière de Lennon:

« Le christianisme disparaîtra. Il s’évaporera, rétrécira. Je n’ai pas à discuter là-dessus. J’ai raison, il sera prouvé que j’ai raison. Nous sommes plus populaires que Jésus désormais. Je ne sais pas ce qui disparaîtra en premier, le rock’n’roll ou le christianisme »

Lennon ne livre pas une critique violente du christianisme, il fait un constat. Et depuis ce mois d’Août 1966, il n’a cessé d’avoir raison. Le rock vivra!

Alors pourquoi ces excuses de l’Eglise? Peut-être qu’elle a tant à se faire pardonner qu’elle cherche désespérément à faire croire qu’elle est capable de pardon. Peut-être qu’en s’adressant au groupe le plus populaire de la planète (de moins en moins. On finira pas les oublier, eux aussi), l’Eglise cherche à faire parler d’elle sur des sujets moins controversés que la myriade de pervers qu’elle abrite jalousement sous son aile protectrice. L’Eglise pardonne ses prêtres pédophiles, la moindre des choses c’était de pardonner John Lennon. Un peu tard.

*Oui, j’ai perdu, j’ai atteint le point Godwin.

Vous avez tout à fait le droit d’être en désaccord avec ce que j’ai écrit plus haut. La foi est une chose si personnelle qu’il est bien difficile d’en discuter rationnellement. Je n’attaquerais pas la foi d’autrui, mais j’ai des griefs personnels envers l’Eglise Catholique Romaine qui remontent au Concile de Nicée, c’est dire!

(en bonus culturel, découvrez en cliquant sur le lien ci dessus, l’origine de l’expression « ne pas varier d’un iota »)

Moi, un Troll?

En octobre 2008, Mathilde se plaignait de ne pas avoir de bon café dans les bureaux qui étaient encore ceux de Bagatelles. Servant à l’Assassin le meilleur café de l’univers connu, je lui ai donné ma vieille machine Nespresso, un modèle improbable, le tout premier à abandonner le porte-capsule, et de couleur jaune pâle en plus!
Mathilde m’avait proposé de me la payer, mais j’ai refusé (grand seigneur) et je lui ait échangé ma machine contre un cadeau surprise. La surprise, c’était que le cadeau n’allait pas arriver avant Mars 2010.

Pour être honnête, ça valait le coup d’attendre. Non, elle ne m’a pas offert une bombe de Fly-Tox (un cadeau que je me suis fait à moi-même à l’Emmaus de Chinon pour 4€), ni les mots en tube (Mathilde ne recycle tout de même pas ses vieux stocks de Bagatelles, ce message en tube m’avait été offert par Benjamin et le message lit: « chier d’abord, creuser après, la seule façon de ne jamais rater le trou » (extrait de l’ouvrage de référence: »Chier dans les bois » que je lui avait offert au noël précédent, qu’est-ce qu’on s’amuse))
Non, le super cadeau de Mathilde, c’est la petite radio en bois. Une radio fabriquée entièrement à la main en Indonésie. La caisse de résonance est en bois de rose et le son est surprenant pour une radio de cette taille. Le petit plus c’est une entrée aux pour y brancher son iPod (ou iPhone dans mon cas) et la radio est même livrée avec un câble mini-jack dont les extrémités sont décorées du même bois que la radio.
Je ne m’en lasse pas. Ça vaut largement ma vieille Nespresso!

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